lundi 15 avril 2013

Focus stacking (empilage de mise au point)

Lundi 15 avril

Il fait beau, quelques fleurs et bourgeons sont enfin sortis, et je viens de faire un petit essai d'une technique dont on entend pas mal parler : le focus stacking. En français : empilage de mise au point.

Ce procédé vise à contourner le problème d'insuffisance de la profondeur de champ, surtout en macro-photo. En effet, plus le rapport d'agrandissement est grand, plus la profondeur de champ est faible, et fermer le diaphragme, si cela arrange un peu les choses, reste tout de même très limité dans ses effets. Il est inutile d'espérer avoir à la fois le bout des étamines et le fond de la corolle d'une fleur nets dès lors qu'elle est prise en vue rapprochée.

Le focus stacking consiste à prendre une série d'images en décalant légèrement la mise au point de l'une à l'autre, puis à combiner ces images entre elles en ne retenant de chacune que la partie la plus nette. On réalise donc une sorte de scanner de l'objet photographié.

Fort heureusement, ce travail n'est plus à faire à la main. Photoshop (à partir de CS5 tout du moins) automatise ce processus. Il faut ouvrir toutes les images d'un coup dans l'entrée Photomerge du menu Fichier. Les photos s'ouvrent chacune dans un calque. Sélectionnez tous les calques, alignez-les, puis faites la fusion. C'est tout !

Il faut bien évidemment prendre quelques précautions, en particulier que l'appareil soit fermement installé sur un pied, qu'il n'y ait pas de vent si le sujet est une fleur, et qu'il reste sagement immobile tout le long de la séance si c'est un animal ! J'ai pris toutes les vues une par une, en relevant même le miroir à chaque fois. Les photographes aguerris dans cette discipline arrivent à photographier en rafale tout en tournant la bague de mise au point. Je n'en suis pas encore là...
Une variante de cette technique, utilisée par certains, consiste à monter l'appareil sur un plateau micrométrique, et à le faire avancer plutôt que de tourner la bague de mise au point. Le rendu n'est pas exactement le même, mais la mise en oeuvre est plus compliquée.

A, encore autre chose : le principal problème, c'est le prix de Photoshop... Je ne sais pas encore si The Gimp ou d'autres logiciels gratuits savent aussi faire ça.

Voici donc mes premiers résultats, obtenus en empilant entre 15 et 25 vues :

Petite araignée sur une fleur de camélia


Et puis, le week-end est arrivé, et comme de bien entendu, la température a chuté de 15°, et il s'est mis à pleuvoir et même à neiger sur le Vercors. Heureusement, la pluie du matin n'arrête pas le photographe, surtout quand il lui suffit de franchir la porte fenêtre pour photographier les fleurs d'azalée couvertes de gouttes de pluie.
La photo ci-dessus est l'une de celles qui a permis d'obtenir celle qui suit.
L'effet du focus-stacking est bien visible !